Produits et équipements de protection : les industriels mobilisés face à la crise sanitaire


Remerciement COVID-19

 

Gels hydroalcooliques, masques, blouses… plusieurs entreprises n’ont pas hésité à repenser leur chaîne de production pour fabriquer des produits et équipements de protection nécessaires au personnel soignant et à la population. Si après le confinement, certaines ont repris leur activité d’habituelle, d’autres continuent, chaque jour, grâce à leur savoir-faire, à lutter contre la propagation du COVID 19. Zoom sur ces sociétés, petites et grandes, qui se montrent et se sont montrées solidaires.

1- Les gels hydroalcooliques

Une plateforme pour faciliter l’accès aux produits et équipements de protection

La crise sanitaire a provoqué de fortes demandes en équipements de protection et en gels hydroalcooliques. Pour pallier cette pénurie et assurer la continuité de cet approvisionnement, des entreprises industrielles se sont mobilisées. Une plateforme a même été créée pour  mettre en relation les fabricants et les clients de gels hydro-alcooliques et autres équipements de protection ou encore  favoriser la rencontre entre les fabricants de gels et les fournisseurs de matières premières.

 

Des industriels unis

Unies face à la pandémie, de nombreuses entreprises ont mis leur savoir faire au profit de tous. Parmi elles, les industriels de la chimie, fournisseurs traditionnels d’ingrédients pour la fabrication de gels hydroalcooliques. Une enquête « adhérents »   lancée par France Chimie révèle que depuis le début de la crise sanitaire, le secteur de la Chimie a maintenu une activité supérieure à la moyenne, illustrant son rôle essentiel dans les chaînes d’approvisionnement de la santé, l’hygiène et l’agro-alimentaire. « Plus d’une trentaine d’entreprises de toutes tailles  adhérentes à France Chimie se sont aujourd’hui mobilisées de manière à produire du gel hydroalcoolique, permettant d’atteindre une production de près de 300.000 litres par jour », indique dans un communiqué France Chimie.

Autres industriels à s’être mobilisés pendant cette crise sanitaire : les sociétés de parfums et de cosmétiques. Dès le 17 mars, le PDG de LVMH décidait que ses usines de parfum produiraient du gel hydroalcoolique en volume tandis que l’Oréal lançait  un plan de solidarité Européen réquisitionnant plusieurs usines de ses marques comme Garnier, La Roche Posay, … pour la production de gel hydroalcoolique. Le  décret ministériel dérogatoire a permis aux entreprises de différents secteurs fabriquant  des médicaments, des biocides (produits désinfectants, etc.) ou des cosmétiques de produire du gel hydroalcoolique. Leur activité se retrouvant  à l’arrêt, ils ont changé leurs plans pour venir en aide aux professionnels de santé. Certaines ont même été missionnées par le ministère des Solidarités et de la santé pour produire des solutions hydroalcooliques en grande quantité. C’est le cas  de la société familiale grassoise de parfums et cosmétiques, ARTHES qui a produit 20 000 flacons de 500 ml et, 30 000 flacons par jour, de 100 ml à 500 ml pour la semaine du 30 mars.

Des dérogations accordées jusqu’au 1er septembre 2020

Les besoins en ces produits étant toujours importants, la dérogation accordée aux établissements industriels a été prolongée de 3 mois . Ils peuvent donc mettre sur le marché des solutions hydro-alcooliques fabriquées dans les conditions de l’arrêté du 13 mars jusqu’au 1er septembre 2020. 

 

2-Les masques

Des entreprises qualifiées pour des masques homologuées

Ces dernières semaines, des centaines de PME et ETI ont réouvert leurs lignes et se sont lancées dans la production de masques conformément à un cahier des charges défini par quelques pionniers et validé par la direction général de l’armement (DGA) qui conduit également les tests de filtration et de perméabilité de ces masques. Certaines d’entre elles ont même reconverti leur site de production. C’est le cas de la société Romans Industrie, société familiale consacrée à la chaussure médicale en usage temporaire basée Romans-sur-Isère depuis 28 ans. Dans cette entreprise, l’unité de fabrication a été repensée pour fabriquer des masques.« Fin mars, nous avons eu l’opportunité de créer un masque sous forme de prototype et nous nous sommes rendus compte que notre savoir faire était adapté à ce type de fabrication. En effet, notre cœur de métier est de se référer à des standards et d’y répondre », explique Baptiste Piclet, dirigeant de Romans industrie et d’Euros, spécialisée dans la fabrication et distribution de prothèses orthopédiques. Cette expérience et ces connaissances techniques ont permis à Romans industrie de développer un masque barrière grand public réutilisable de catégorie 1 UNS1 à neuf et de catégorie 2 UNS2 après 10 lavages, conforme aux recommandations de l’AFNOR SPEC S76-001 et testé par la Direction Générale de l’Armement DGA.  

Résultat :  cette société fait face à des demandes croissantes et a même dû embaucher. « Au fur à mesure des semaines, notre clientèle s’est développée. Il y a eu d’abord les collectivités et les maires, puis les buralistes et enfin les pharmacies. Tous recherchent des masques fabriqués par des sociétés qualifiées et flexibles comme la nôtre. Nous sommes très sollicités », souligne Baptiste Piclet. Et pour cause : des masques artisanaux et sans homologation s’écoulent quotidiennement en France. Ils peuvent être vendus, sans que cela ne soit illégal, s’il n’y a pas de revendication trompeuse d’une homologation de la DGA, ou autre allégation mensongère.

Un secteur concurrentiel

Un tour de force pour cette entreprise concurrencée également  par les importations extérieures. La production française de masques ne pouvant atteindre que 20% du besoin national, le recours à l’importation, via des commandes publiques passées à la Chine par la France pour près de deux milliards de masques, reste important. Les masques, dont la France ne produit qu’une fraction de ses besoins d’aujourd’hui, sont devenus le symbole de la dépendance française envers l’étranger, et particulièrement envers la Chine, mastodonte du secteur. Une situation qui désole Baptiste Piclet : « On doit renforcer le made in France, les entreprises tricolores ont un savoir faire qu’il faut valoriser ». Si pour répondre à court terme aux besoins de masques, cette entreprise a su s’ appuyer sur un réseau de sous traitants déjà existant, elle souhaite plus que jamais  investir dans des équipements afin de relocaliser la totalité de la fabrication à Romans-sur-Isère.

 

3-Les surblouses

Un modèle développé la filière textile française

En écho à ces dispositifs, les fabricants de vêtements ont commencé à faire de même. Chanel a fourni 50 000 masques et a mobilisé  ses fabricants partenaires et ses équipes (dont 150 couturières) pour produire masques et blouses. Afin de remédier aux tensions d’approvisionnement concernant les surblouses jetables, la filière textile française à développer en collaboration  les ministères chargés de l’économie et de la santé, un modèle de surblouse lavable ainsi que les éléments techniques nécessaires à leur production. Un site internet (https://savoirfaireensemble.fr/) a été également mis en place pour mettre en relation directe les fournisseurs de tissus, les confectionneurs et les acheteurs. Un dispositif destinait à tous les  acteurs du médico-social ou aux autres acheteurs éventuellement intéressés.

Des surblouses en plastique

Les entreprises de plasturgie ont également produit lessurblouses  en voyant les soignants se munir de sacs plastiques en guise de protection.  Face a la forte demande, certaines ont même dû embaucher des intérimaires. Et pour cause :  le prix d’une surblouse vendue aux hôpitaux et aux EHPAD sur tout le territoire français s’avère moins cher qu’une surblouse commandée en Chine (jusqu’à dix fois moins cher).

REALEASE CAPITAL, société de location d’actifs technologiques, tient à remercier tous ses partenaire et clients  qui, face à la crise sanitaire, ont modifié par  leur production habituelle pour concevoir des masques, des solutions hydroalcooliques, surblouses à destination de la population et du personnel soignant. Merci à tous pour leur élan de solidarité.