Entreprises : Comment la digitalisation transforme le travail du salarié ?

Entreprises : Comment la digitalisation transforme le travail du salarié ?


La digitalisation et le salarié

La transformation digitale concerne toutes les entreprises,  petites comme grandes. Longtemps reléguée au second plan  car perçue comme trop complexe, la digitalisation est aujourd’hui au devant de la scène,  au point de devenir un outil au service de la stratégie d’entreprise.

REALEASE Capital revient sur cette mutation qui change le quotidien des salariés.

Partage, stockage, consultation d’informations en ligne, les sociétés sont aujourd’hui nombreuses à opter pour la dématérialisation des supports. Et la mobilité des salariés est de plus en plus prise en compte dans les plans de transformation numérique qui s’opèrent dans chaque secteur d’activité. Smarphones, tablettes numériques, les technologies de mobilité accompagnent les collaborateurs dans leur travail.  Dans une société de plus en plus tournée vers l’économie de l’usage, la location évolutive représente  une solution de choix  pour accompagner les entreprises vers leur transformation  digitale.  De plus, REALEASE Capital propose un accès simplifié aux nouvelles technologies de la mobilité. Les nouveaux usages qu’apportent les tablettes numériques  et les smartphones impliquent de nouveaux défis, bien au-delà de la simple considération technologique. REALEASE Capital a pour vocation de faciliter cette immersion dans l’ère digitale, de l’audit à l’élaboration d’une solution sur mesure.

Si le numérique offre de nombreux avantages, il pose également de nombreuses questions pour le salarié. Digitalisation, gestion des Millenials, entreprise libérée, mode agile, de plus en plus de dirigeants sont confrontés au sujet de l’autonomie à mesure qu’ils mettent en œuvre de nouvelles organisations du travail et qu’ils se détournent des anciennes,  jugées trop lourdes, trop rigides pour faire face au défi de la digitalisation. Les injonctions à l’autonomie et au travail à la manière des start-up se multiplient dans les entreprises. Pascal Ughetto, Professeur à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée et auteur de l’ouvrage « Organiser l’autonomie au travail » (éditions FYP) répond aux questions de REALEASE Capital à ce sujet. Interview.

Realease Capital : Pourquoi fait-on souvent le lien entre autonomie des salariés et digitalisation des entreprises ?

Organiser l'autonomie au travail

Pascal Ughetto : Ces dernières années, avec l’apparition des start-up,  les entreprises ont pris conscience que  le numérique les exposait à un phénomène appelé « l’innovation destructive », à savoir  la déstabilisation de leur position sur les marchés. Les grandes entreprises ont eu peur de ces nouveaux acteurs beaucoup plus souples, de taille plus petite qui  n’ont pas souvent  fait d’investissements en immobilisations en capital sur leur marché et qui développent des logiciels à moindre coût.

Il faut dire que les start-up ont véritablement réorganisé le marché en offrant des services que les utilisateurs apprécient et qui déstabilisent les acteurs historiques et monopolistiques. La digitalisation conduit les entreprises à adopter les modes de fonctionnement des start-up: lancer des prototypes, les tester et voir si cela fonctionne. Si tel est le cas, accorder des moyens pour continuer le développement et à défaut, abandonner immédiatement.

Realease Capital : Faites-vous ici référence au mode agile ?

Pascal Ughetto : Certaines entreprises s’approprient le vocabulaire de l’agilité. En réalité, c’est un terme utilisé par les développeurs de logiciels. En effet, certains d’entre eux ont lancé « le manifeste agile » qui est une critique en règle des grandes entreprises et de ses lourdeurs, ainsi que de leur distance vis à vis de l’utilisateur. Certaines d’entre elles utilisent ce vocabulaire pour parler de flexibilité, un terme souvent mal perçu par les salariés qui ont l’impression d’être perdants. Quand, véritablement, les entreprises se préoccupent de devenir agiles, elle tentent de recourir à des circuits de validation plus courts.

Par exemple, en matière de développement de logiciels, le mode agile remet en cause le schéma habituel qui consiste à  établir et à valider le cahier des charges  avec le client, développer le logiciel en interne, le présenter, procéder à une phase de test, opérer quelques modifications et enfin déployer le logiciel. Souvent, cette séquence s’attire les critiques des utilisateurs qui accusent le logiciel de ne pas être assez ergonomique ou encore de comporter des fonctionnalités inutiles. A ce moment là, il est très difficile de revenir en arrière et d’intégrer les modifications souhaitables.

Les développeurs, à l’origine de ce manifeste, insistent sur la nécessité de dialoguer avec les utilisateurs et de recourir à des développeurs qui réceptionnent les demandes, fassent des propositions et ensuite les hiérarchisent. Ces boucles courtes de rétroactions fréquentes s’opposent au schéma habituel et à une programmation définitive du développement du logiciel à priori. Aujourd’hui, les entreprises voudraient que l’ensemble de leurs salariés apprennent à fonctionner de cette manière, à être en contact avec une demande, faire des propositions, les tester et revenir vers l’utilisateur. Il s’agit d’une révision complète des modes de fonctionnement.

Realease Capital : Est-ce que cela va se traduire par un changement de l’espace de travail du salarié ?

Pascal Ughetto : Dans le cadre de leur digitalisation, les entreprises importent l’état d’esprit et le mode de fonctionnement des start-up et cherchent à faire en sorte que leurs salariés collaborent entre eux et développent leur créativité. Pou se faire, ils créaient des espaces modulables et modulaires qui favorisent le travail collaboratif.

Les entreprises investissent énormément dans la refonte de leur espace de travail. Aujourd’hui, il n’y a pas un déménagement d’entreprise qui ne soit pas assortie d’une idée de créer des espaces de travail flexibles où des salariés peuvent louer à la journée un bureau.

Par conséquent, ces entreprises aménagent des espaces plus ludiques, plus sympathiques où les salariés peuvent naviguer entre le formel et l’informel. La difficulté est que les salariés restent pris dans des fonctionnements extrêmement traditionnels : réalisation de reportings, existence de process,  action demandée sur des délais courts et modes de relation extrêmement hiérarchisées.

Realease Capital : Comment  les salariés perçoivent-ils ces nouvelles orientations ?

Pascal Ughetto : On se situe dans une phase où certains pensent que ces nouveaux modes de fonctionnement vont changer les manières de travailler. Les entreprises invoquent les Millenials, terme marketing pour désigner les jeunes générations, qui seraient plus réceptifs à ce type de changement. En parallèle, il existe également des salariés qui regardent cela avec davantage de circonspection.

Pour en savoir plus :
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